Une lentille de contact pourrait traiter la dépression sans médicament
Une lentille pourrait traiter la dépression
Des chercheurs ont développé une lentille de contact équipée de minuscules électrodes capables de stimuler la rétine.
Contrairement aux antidépresseurs, qui passent par le sang, cette stimulation emprunte une autre voie : le nerf optique, qui relie directement la rétine au cerveau.
L'objectif est d'agir sur les circuits impliqués dans la régulation de l'humeur.
Cette approche est possible car la rétine est en réalité une extension du cerveau.
Elle partage la même origine embryologique et communique avec plusieurs régions impliquées dans les émotions, notamment l'hippocampe et le cortex préfrontal.
Or, chez les personnes dépressives, la communication entre ces régions est souvent perturbée.
La stimulation électrique chercherait à rétablir leur fonctionnement.
Chez des souris présentant des comportements dépressifs, les résultats étaient comparables à ceux obtenus avec la fluoxétine, le principe actif du Prozac.
Les animaux portaient la lentille seulement 30 minutes par jour pendant trois semaines.
Au fil des jours, leur activité, leur sociabilité et leur intérêt pour la nouveauté se sont progressivement améliorés.
Les bénéfices ne concernaient pas seulement le comportement.
Les chercheurs ont aussi observé une meilleure synchronisation entre l'hippocampe et le cortex préfrontal, deux régions impliquées dans la régulation des émotions.
La stimulation a également restauré certaines connexions entre les neurones, en augmentant la densité des épines dendritiques, essentielles à la plasticité cérébrale.
Cette technologie pourrait un jour être étudiée pour d'autres troubles, comme l'anxiété, les addictions ou le déclin cognitif.
Mais ces résultats ont uniquement été obtenus chez la souris.
La lentille devra encore être rendue entièrement sans fil, testée sur de plus grands animaux, puis évaluée lors d'essais cliniques avant d'envisager une utilisation chez l'humain.
Développée par une équipe de l'Université Yonsei (Corée du Sud), cette technologie a été publiée en mai 2026 dans Cell Reports Physical Science.