La fumée des incendies de forêt pourrait affecter votre cerveau
La fumée ne toucherait pas seulement les poumons.
Une fois inhalées, les particules les plus fines peuvent atteindre le cerveau.
Elles y parviennent en passant dans le sang, en remontant par le nerf olfactif (qui relie le nez au cerveau) ou indirectement via l'inflammation provoquée dans les poumons.
Revue scientifique – The potential impact of bushfire smoke on brain health, 2020
Une fois dans le cerveau, ces particules produisent des radicaux libres (des molécules qui abîment les cellules) et activent les cellules immunitaires.
Cette réaction peut abîmer les neurones ou perturber les connexions entre eux.
Résultat : la mémoire et les capacités cognitives pourraient être affectées.
Même une exposition de courte durée pourrait déjà avoir un impact.
Une étude menée auprès de plus de 10 000 adultes a montré que les personnes exposées à une fumée modérée ou importante obtenaient de moins bons résultats à des exercices d'attention et de mémoire.
Les chercheurs restent prudents, mais ces résultats suggèrent que les effets peuvent apparaître rapidement.
Étude : Environmental Health Perspectives, (Lumosity), 2022
La pollution de l'air est déjà associée à un risque accru de dépression, d'Alzheimer et d'autres démences.
La fumée des incendies pourrait produire des effets similaires, voire plus importants, mais les preuves spécifiques restent encore limitées.
Revue scientifique – Wildfire Smoke and Its Neurological Impact (JAMA Neurology, 2024)
Une exposition de seulement 10 jours pourrait laisser des traces pendant des années.
Chez des macaques exposés à la fumée très jeunes, des scientifiques observent encore, 15 ans plus tard, des anomalies du système immunitaire.
Ces résultats ne prouvent pas que le même phénomène existe chez l'humain, mais ils montrent que les effets pourraient être très durables.
En cas d'exposition à la fumée, quelques réflexes peuvent limiter les risques :
Évitez les efforts physiques intenses tant que l'air reste dégradé.
Restez dans un air filtré en fermant les fenêtres si possible.
Portez un masque FFP2/N95 lors d'une exposition prolongée.
Consultez rapidement en cas d'essoufflement, de douleurs thoraciques ou de symptômes persistants.