TDAH : certaines zones du cerveau pourraient « s’endormir » pendant quelques secondes
Étude : Pinggal et al., The Journal of Neuroscience, 2026
Chez les personnes avec TDAH, certaines zones du cerveau s’endormiraient par intermittence.
Pendant quelques secondes, elles semblent passer dans un état proche du sommeil alors que le reste du cerveau reste éveillé.
C’est ce que les chercheurs appellent le « sommeil local ».
Ces épisodes peuvent se produire plusieurs fois par minute.
Ils pourraient expliquer ces moments où une personne « décroche » soudainement malgré ses efforts pour rester concentrée.
Étude : Pinggal et al., The Journal of Neuroscience, 2026
Les chercheurs ont comparé 32 adultes avec TDAH à 31 adultes neurotypiques pendant une tâche nécessitant une attention soutenue.
Plus ces « ondes de sommeil » étaient fréquentes, plus les participants faisaient des erreurs d’inattention et avaient des temps de réaction variables.
Elles étaient également associées au mind wandering, lorsque l’esprit part ailleurs, et au mind blanking, cette impression de ne plus penser à rien.
Étude : Pinggal et al., The Journal of Neuroscience, 2026
Cette découverte pourrait aider à comprendre pourquoi maintenir son attention longtemps peut devenir particulièrement épuisant.
Plus l’effort de concentration se prolonge, plus ces ondes semblent s’accumuler et plus les participants avec TDAH déclarent ressentir de la fatigue.
Les chercheurs avancent ainsi une hypothèse : le TDAH pourrait aussi être lié à une difficulté à réguler l’éveil et la vigilance, et pas uniquement l’attention.
Une autre étude publiée en 2026 auprès de 120 enfants va dans le même sens.
L’activité cérébrale lente ressemblant au sommeil était plus importante chez les enfants avec TDAH.
À terme, ces ondes pourraient devenir un biomarqueur permettant de mieux identifier certains profils de TDAH.
Mais cette piste doit encore être confirmée par d’autres études.
Étude : Gong et al., International Journal of Psychophysiology, 2026
Ces découvertes pourraient également ouvrir de nouvelles pistes de traitement.
Chez des personnes sans TDAH, certains travaux suggèrent qu’une stimulation auditive pendant le sommeil pourrait renforcer l’activité cérébrale du sommeil profond.
Cela pourrait réduire l’apparition de ces « ondes de sommeil » le lendemain pendant l’éveil.
Les chercheurs veulent maintenant déterminer si cette approche pourrait également fonctionner chez les personnes avec TDAH.