L'hyperphagie
Certaines personnes n'ont jamais vraiment la sensation d'être rassasiées.
L'hyperphagie toucherait 3 à 5 % des Français.
Pourtant, c'est le trouble du comportement alimentaire dont on parle le moins.
Contrairement aux idées reçues, il ne s'agit pas simplement de "trop aimer manger".
Depuis 2013, le trouble d'accès hyperphagique est reconnu comme une maladie psychiatrique.
Et on peut d'ailleurs souffrir d'hyperphagie sans être obèse.
Le problème ne vient pas seulement de la faim, mais surtout de la satiété.
L'hypothalamus, une région du cerveau, contrôle normalement la faim et indique quand on a suffisamment mangé.
Lorsque ce système fonctionne mal, le signal "j'ai assez mangé" arrive trop tard ou parfois jamais.
Le cerveau peut alors continuer à réclamer de la nourriture même après un repas.
Les chercheurs ont identifié un circuit cérébral appelé MC4R, situé dans l'hypothalamus, comme un régulateur majeur de la faim et de la satiété.
Lorsqu'il fonctionne mal, la faim peut devenir pathologique et la nourriture occuper une place permanente dans les pensées.
Certaines personnes pensent constamment à leur prochain repas, parlent souvent de nourriture ou continuent d'en chercher même après avoir mangé.
L'hyperphagie est différente de l'alimentation émotionnelle ou de la boulimie.
La boulimie correspond à des crises de perte de contrôle, souvent suivies de comportements compensatoires.
Dans l'hyperphagie, c'est surtout la sensation de faim qui persiste, même après avoir mangé.
Pendant certaines crises, des patients décrivent un état de "pilote automatique", avant de ressentir une forte culpabilité une fois la crise terminée.
Les crises servent souvent à soulager temporairement une souffrance émotionnelle comme l'anxiété, la tristesse ou le stress.
Aujourd'hui, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) constituent le traitement de référence. Elles permettent d'identifier les déclencheurs des crises et de mieux les prévenir.
Les chercheurs étudient également certaines maladies génétiques, comme le syndrome de Prader-Willi, afin de mieux comprendre les mécanismes cérébraux de la faim et développer de nouveaux traitements.