1 femme sur 10 vit chaque mois une détresse psychologique intense avant ses règles.
La science commence enfin à comprendre pourquoi.
Étude : Rubinow et Schmidt, The New England Journal of Medicine
1 femme sur 10 souffrirait du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).
C'est la forme la plus sévère du syndrome prémenstruel.
Elle provoque chaque mois une détresse psychologique intense
Les symptômes apparaissent après l'ovulation et s'atténuent généralement après les règles.
Le TDPM ne se résume pas à de l'irritabilité ou à des sautes d'humeur.
Certaines femmes décrivent une anxiété intense, une profonde tristesse, de la colère, un sentiment de désespoir ou une perte totale de contrôle de leurs émotions.
Dans les cas les plus sévères, des pensées suicidaires peuvent apparaître.
Pendant longtemps, les scientifiques pensaient que le TDPM était causé par un déséquilibre hormonal.
Aujourd'hui, les recherches montrent que les femmes atteintes présentent généralement des taux hormonaux normaux.
La différence viendrait plutôt de la manière dont leur cerveau réagit aux variations naturelles des hormones au cours du cycle menstruel.
Les chercheurs s'intéressent notamment à l'alloprégnanolone, une molécule dérivée de la progestérone qui aide normalement le cerveau à rester calme.
Chez certaines femmes atteintes de TDPM, elle pourrait au contraire favoriser l'anxiété et la détresse émotionnelle.
Les imageries cérébrales montrent également que certaines régions impliquées dans la gestion des émotions réagissent plus fortement chez les femmes atteintes de TDPM.
Des facteurs génétiques, des troubles du sommeil ou des antécédents d'anxiété et de dépression pourraient aussi augmenter le risque.
Aujourd'hui, plusieurs approches permettent de réduire les symptômes du TDPM.
Le suivi psychologique, l'activité physique, l'amélioration du sommeil, certains antidépresseurs ou encore certaines contraceptions hormonales peuvent aider de nombreuses patientes à retrouver un meilleur équilibre.
Comprendre le TDPM, c'est déjà reprendre une part de contrôle.
Apprendre à repérer les périodes les plus difficiles en suivant son cycle permet souvent de mieux les anticiper.
En parler à son entourage ou à un professionnel de santé peut aussi aider à mieux vivre avec le trouble et à trouver une prise en charge adaptée.
Le TDPM est un trouble reconnu, traité et aujourd'hui bien mieux compris qu'il y a quelques années.