Les filles sont minoritaires dans les formations scientifiques.
Voici le mécanisme psychologique qui l’explique.
Les garçons prennent de l’avance en maths par rapport aux filles au cours du CP.
Rapports institutionnels (DEPP, Sénat)
Dès les premières années d’école, les trajectoires commencent à se différencier :
Les garçons sont encouragés vers des jeux spatiaux et logiques,
les filles vers des activités de mémoire et de restitution.
En classe, les garçons sont plus souvent interrogés sur le raisonnement,
les filles sur l’exactitude.
Peu à peu, cela peut influencer la confiance et la représentation de soi :
« Le raisonnement n’est pas fait pour moi. »
Une expérience* française l’a montré.
Le même test est donné à deux groupes d’élèves.
Présenté comme un test de géométrie > les filles réussissent moins.
Présenté comme un exercice de dessin > elles réussissent mieux.
Le contenu est identique, seule l’étiquette change.
Ce phénomène est connu en psychologie sociale : la menace du stéréotype.
Quand un domaine est associé à un groupe auquel on ne s’identifie pas,
les performances et la confiance peuvent diminuer.
*Étude menée par Pascal Huguet, directeur de recherche au CNRS, et Isabelle Régner, professeure à l’Université d’Amiens
À la fin du lycée, l’écart est important.
Seules 17 % des filles qui poursuivent leurs études s’orientent vers les filières scientifiques.
Pourtant, elles réussissent autant que les garçons et sont majoritaires dans l’enseignement supérieur.
Même à Polytechnique, la part de femmes est tombée à 16 % en 2024.
Cet écart n’est pas uniquement scolaire : il reflète aussi des facteurs psychologiques et sociaux.
Depuis la réforme du bac de 2019, les mathématiques sont devenues optionnelles au lycée.
L’accès aux maths a donc diminué, en particulier pour les filles.
Cette baisse réduit les possibilités d’accès aux écoles d’ingénieurs et aux filières scientifiques d’excellence.
En 2025, pour y remédier, l’État a lancé le plan Filles & Maths pour corriger ces biais invisibles qui éloignent les filles des sciences.